Mauvaises Herbes Gazon

Comment se débarrasser du lierre terrestre dans le gazon

Gros plan du lierre terrestre dans un gazon : feuilles crénelées et stolons visibles

Le lierre terrestre (Glechoma hederacea) s'élimine en combinant un arrachage manuel soigneux au printemps, une scarification pour casser ses stolons et un regarnissage rapide du gazon pour refermer les zones nues. Sur une petite surface, quelques séances d'arrachage répétées suffisent souvent. Sur une grande pelouse, il faut une scarification mécanique, un ratissage complet des fragments, puis un sursemis accompagné d'une fertilisation adaptée. Les herbicides sélectifs existent mais restent un dernier recours : les méthodes culturales bien appliquées donnent de bons résultats sans les contraintes réglementaires qui accompagnent les produits chimiques.

Pourquoi le lierre terrestre pose vraiment problème dans une pelouse

Glechoma hederacea est une plante vivace de la famille des Lamiacées. Elle ne se contente pas de pousser quelque part dans la pelouse : elle rampe activement grâce à des stolons traçants qui s'enracinent à chaque nœud. Résultat : en quelques semaines, une petite touffe devient un tapis dense qui étouffe littéralement les brins de gazon en dessous. Sa vigueur est décuplée dans les pelouses humides, ombragées ou sur sols riches en azote. Autrement dit, si votre gazon souffre déjà d'un excès d'humidité ou d'un manque de lumière, le lierre terrestre y sera encore plus agressif que dans une pelouse en bonne santé.

Contrairement à une annuelle qui complète son cycle et disparaît, le lierre terrestre revient chaque année depuis ses fragments racinaires restés en terre. Il résiste à la tonte ordinaire car ses tiges rampent sous les lames. Et même si vous en arrachez 90 %, les 10 % restants suffisent à reconstituer une infestation en une seule saison. C'est cette biologie tenace qui impose une stratégie méthodique plutôt qu'une intervention unique.

Bien identifier le lierre terrestre avant d'agir

Avant de sortir les outils, assurez-vous vraiment d'avoir affaire à Glechoma hederacea et pas à une autre adventice. La fiche taxonomique et les photos de l’INPN (Muséum national d’Histoire naturelle) confirment la description botanique de Glechoma hederacea et sa présence généralisée sur une grande partie du territoire métropolitain, avec une rareté relative sur le pourtour méditerranéen et en hautes montagnes Fiche taxonomique et photos (France) : INPN / Muséum national d’Histoire naturelle. Plusieurs plantes se ressemblent à première vue et les solutions ne sont pas identiques.

Signes visuels caractéristiques

  • Feuilles opposées, arrondies à légèrement cordées (en forme de cœur), au bord fortement crénelé (dentelé en demi-cercles réguliers).
  • Tiges rampantes (stolons) de couleur verte à légèrement violacée, qui s'enracinent aux nœuds au contact du sol.
  • Floraison au printemps (mars à mai): petites fleurs bleu-violet en grappes à l'aisselle des feuilles.
  • Odeur aromatique assez forte, légèrement mentholée, quand on froisse une feuille.
  • Tapis dense et rampant, rarement plus haut que 5 à 10 cm mais très étalé horizontalement.

Ne pas confondre avec ces espèces voisines

EspèceForme des feuillesPortOdeur
Lierre terrestre (Glechoma hederacea)Rondes, crénelées, opposéesRampant par stolonsAromatique, mentholée
Trèfle (Trifolium spp.)Trifoliées, ovalesRampant ou dresséNulle ou légèrement herbacée
Oxalis (Oxalis spp.)Trifoliées en cœur inverséRampant ou dresséLégèrement acide
Pâquerette (Bellis perennis)Rosette basale, spatuléesRosette au sol + tige floraleNulle

L'odeur aromatique au froissement est le critère le plus rapide sur le terrain : aucune autre adventice courante du gazon français n'a cette signature olfactive. Si vous hésitez encore, l'application Pl@ntNet (gratuite, disponible en France) permet une identification photographique fiable en quelques secondes. Notez que les pâquerettes, le trèfle ou d'autres envahisseurs fréquents dans les gazons résidentiels français relèvent de stratégies différentes.

Évaluer l'étendue du problème avant de choisir votre méthode

Prendre cinq minutes pour mesurer l'infestation évite de sur-traiter ou sous-traiter. La méthode la plus pratique pour un jardinier amateur est celle des quadrats : découpez mentalement (ou physiquement avec un cadre de 1 m²) la pelouse en zones représentatives et estimez visuellement le pourcentage de surface couverte par le lierre terrestre dans chaque zone. Le protocole recommandé pour les pelouses de plus de 200 m² (démarche sans chimie) décrit précisément diagnostic en quadrats, scarification mécanique ou aération, ratissage et évacuation des déchets, regarnissage par semi ou sursemis selon le pourcentage de dépérissement, fertilisation raisonnée et suivi régulier (tonte adaptée, aération annuelle), Plateforme Écophyto / Ministère : recueil d’expériences et pratiques alternatives pour espaces non agricoles blank" rel="noopener noreferrer">Protocole recommandé pour pelouses >200 m² (démarche sans chimie). Cette approche est utilisée par les services espaces verts et les protocoles officiels de suivi de végétation en France. Pour une méthode détaillée adaptée au pourpier, consultez notre guide pratique « comment se débarrasser du pourpier dans le gazon ».

Niveau d'infestationSurface couverte par le lierreMéthode recommandée
FaibleMoins de 10 % de la pelouseArrachage manuel, regarnissage ciblé
Modéré10 à 30 % de la pelouseArrachage + scarification + sursemis
SévèrePlus de 30 % de la pelouseScarification mécanique complète + sursemis large + éventuellement herbicide sélectif

Notez aussi les facteurs aggravants : présence d'ombre dense (arbre, mur), sol visiblement humide ou compacté, tonte trop rase ou trop peu fréquente. Ces conditions alimentent le lierre terrestre et devront être corrigées en parallèle, sinon il reviendra quoi que vous fassiez.

Les outils et matériaux dont vous aurez besoin

Voici une liste complète selon l'ampleur du chantier. Pour des conseils spécifiques sur le dégagement des cailloux et roches du gazon sans l'endommager, consultez notre guide « comment enlever les cailloux du gazon ». Tout ne sera pas nécessaire à chaque situation : adaptez selon votre diagnostic.

Pour l'arrachage manuel (petite surface)

  • Gants de jardinage résistants
  • Griffe ou croc de désherbage à dents courtes
  • Désherbeur à lame (couteau-désherbeur) pour couper les stolons enracinés
  • Seau ou bac de récupération des déchets végétaux (ne pas composter: risque de repousse)
  • Bâche ou sac poubelle pour évacuation

Pour la scarification et l'aération (surface moyenne à grande)

  • Scarificateur manuel (râteau scarificateur) pour surfaces inférieures à 50 m²
  • Scarificateur électrique ou thermique (largeur 30 à 46 cm) pour surfaces de 50 à 300 m² — disponible à la location chez Kiloutou ou Loxam pour environ 50 à 80 €/jour
  • Aérateur à dents creuses (profondeur ~7 cm) pour décompacter en profondeur
  • Râteau à feuilles pour ramasser les débris après scarification

Pour le ressemis et la restauration

  • Mélange de semences adapté à votre usage (gazon de loisir, gazon d'ombre selon exposition)
  • Terreau ou terre de semis légère pour recouvrir les graines (couche de 0,5 à 1 cm)
  • Rouleau de jardinage pour appuyer les semences au sol
  • Engrais starter riche en phosphore pour favoriser l'enracinement
  • Engrais azoté de fond pour la fertilisation printanière ou automnale

Méthodes mécaniques et culturales : le cœur de la stratégie

Ces méthodes sont efficaces, sans contrainte réglementaire, et suffisantes dans la grande majorité des cas pour un jardin résidentiel français. Il faut accepter qu'elles demandent de la répétition sur une à deux saisons, mais le résultat est durable parce qu'on s'attaque aussi aux conditions qui ont favorisé l'implantation du lierre terrestre.

1. Arrachage manuel : comment bien faire

  1. Intervenez tôt le matin après une pluie ou un arrosage: le sol meuble facilite l'extraction complète des stolons et racines.
  2. Saisissez la touffe à la base, aussi près du sol que possible, et tirez lentement en tournant légèrement pour décoller les points d'enracinement le long du stolon.
  3. Utilisez la griffe pour ameublir le sol autour des zones très enracinées sans casser les stolons (chaque fragment laissé en terre peut repartir).
  4. Récupérez immédiatement tous les fragments dans un seau. Ne laissez rien sur la pelouse.
  5. Évacuez les déchets à la poubelle ou au composteur à très haute température (le lierre terrestre peut repiquer depuis un compost froid).
  6. Répétez l'opération toutes les trois à quatre semaines au printemps jusqu'à épuisement des repousses.

2. Tonte adaptée pour affaiblir le lierre

Relevez légèrement la hauteur de coupe à 5 cm minimum (6 cm à l'ombre ou en été). Un gazon un peu plus haut concurrence mieux les adventices rampantes car ses brins captent plus de lumière et ombragent le sol, ce qui défavorise la germination et l'extension des stolons. Respectez la règle du tiers : ne jamais couper plus d'un tiers de la hauteur en une seule tonte. Évitez surtout de tondre trop ras, ce qui est l'une des erreurs les plus courantes et l'une des principales causes d'infestation.

3. Scarification : casser les tapis et aérer le gazon

La scarification agit à deux niveaux : elle coupe mécaniquement les stolons rampants du lierre terrestre et élimine simultanément la couche de feutre qui retient l'humidité et favorise les adventices. Un scarificateur thermique de 46 cm de large travaille à environ 2 mm de profondeur en surface, ce qui suffit pour trancher les stolons. La meilleure période est le printemps (avril-mai) quand le gazon repart en croissance active et peut se régénérer rapidement après l'intervention. L'automne (septembre) est une alternative si l'infestation est détectée tardivement. Passez dans deux directions croisées (à 90°) pour maximiser l'efficacité.

4. Aération du sol pour casser le cycle

Le lierre terrestre prospère dans les sols compactés et humides. Un aérateur à dents creuses (carottes de sol), qui pénètre jusqu'à environ 7 cm de profondeur, améliore le drainage et l'échange gazeux. Cela renforce directement la compétitivité du gazon face aux adventices. Après l'aération, un top-dressing léger avec un sable fin ou du terreau permet de combler les trous et d'améliorer la structure sur le long terme. Une aération annuelle au printemps ou à l'automne est une bonne pratique préventive.

5. Gérer l'ombre et l'humidité : s'attaquer aux causes

Si le lierre terrestre revient obstinément malgré vos interventions, regardez le contexte : est-ce une zone sous un arbre, près d'une haie ou d'un mur nord ? L'ombre dense et l'humidité sont ses deux meilleures alliées. Des solutions concrètes : tailler les branches basses pour laisser passer plus de lumière, améliorer le drainage par des rigoles ou des drains enterrés si le sol est naturellement hydromorphe, et utiliser un mélange de semences gazon d'ombre (ray-grass, fétuques à feuilles fines) dans ces zones plutôt qu'un gazon standard qui s'y développera mal de toute façon.

Plans d'action selon la surface : petite zone ou grande pelouse

Petite zone (moins de 25 m²) : approche manuelle pas à pas

  1. Fin mars ou début avril: arrachage manuel complet des touffes et stolons après une pluie. Prenez le temps d'extraire le maximum de racines.
  2. Semaine suivante: passage au scarificateur manuel (râteau scarificateur) pour briser les fragments restants et dégager le feutre.
  3. Ratissage soigneux et évacuation de tous les débris.
  4. Semis de regarnissage: épandez 30 à 40 g/m² de mélange grainier adapté sur les zones dénudées, puis couvrez d'une fine couche de terreau (0,5 cm) et appuyez avec un rouleau ou le pied.
  5. Arrosage régulier (matin) pendant 3 semaines pour favoriser la levée.
  6. Apport d'un engrais starter au moment du semis, puis d'un engrais de fond après 6 semaines.
  7. Surveillance bi-hebdomadaire: arrachez immédiatement les repousses de lierre terrestre dès qu'elles apparaissent, avant qu'elles s'enracinent à nouveau.
  8. En automne (septembre-octobre): évaluez le résultat. Si des taches persistent, répétez l'arrachage et un sursemis d'automne.

Grande surface (plus de 200 m²) : démarche structurée

  1. Mi-mars à mi-avril: diagnostic en quadrats de 1 m² pour cartographier les zones infestées et estimer le pourcentage de recouvrement.
  2. Fin avril: scarification mécanique complète au scarificateur thermique (à louer chez Kiloutou ou Loxam, environ 50 à 80 €/jour pour un modèle 46 cm). Comptez 30 à 60 m²/heure selon la densité du tapis. Deux passages croisés sont nécessaires sur les zones fortement infestées.
  3. Ratissage immédiat et évacuation de tous les déchets (plusieurs sacs ou benne si nécessaire).
  4. Aération à dents creuses sur les zones compactées ou hydromorphes.
  5. Sursemis: épandez 25 à 40 g/m² selon l'état du gazon existant. Couvrez d'un top-dressing léger (sable fin + terreau).
  6. Fertilisation: apport d'un engrais NPK printemps (riche en azote et phosphore) dans la foulée du semis.
  7. Arrosage régulier pendant 3 à 4 semaines. Évitez de tondre avant que les nouvelles plantules atteignent 8 cm.
  8. Contrôle à 6 semaines: arrachez manuellement les repousses résiduelles de lierre terrestre identifiées lors du relevé.
  9. Automne (septembre): second passage de scarification si nécessaire, sursemis de consolidation, apport d'engrais automne (plus riche en potasse).
  10. Mise en place d'une surveillance annuelle (quadrats répétés au printemps) pour détecter toute réapparition précoce.

Calendrier optimal sur l'année

PériodeAction principaleObjectif
Mars-avrilArrachage manuel / scarification printanièreÉliminer les stolons actifs au moment de la croissance maximale
Avril-maiSursemis + fertilisation starterRefermer rapidement les zones nues pour éviter la réinstallation
Mai-aoûtTonte haute (5-6 cm), surveillance et arrachage ciblé des repoussesEmpêcher la reconstitution des tapis
SeptembreScarification automnale si nécessaire + sursemis + engrais automneConsolider le gazon avant l'hiver
Octobre-novembreAération + top-dressingAméliorer la structure du sol pour la saison suivante
Décembre-févrierSurveillance visuelle, planification de la saison suivanteDétecter les zones à traiter dès le printemps

Traitements chimiques sélectifs : quand et comment les envisager

Soyons honnêtes : sur la grande majorité des pelouses résidentielles françaises, les méthodes mécaniques suffisent si elles sont bien appliquées et répétées. Les herbicides sélectifs ne se justifient vraiment que dans deux situations : une infestation sévère couvrant plus de 30 à 40 % de la surface, ou une récidive persistante après deux saisons de traitement mécanique bien conduit.

Quels produits sont autorisés en France ?

En France, les herbicides à usage amateur (jardin résidentiel) sont soumis à autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par l'Anses. Pour les dicotylédones comme le lierre terrestre dans un gazon de graminées, les herbicides sélectifs à base de MCPA, de fluroxypyr ou de triclopyr sont les matières actives historiquement efficaces sur les Lamiacées rampantes. Vérifiez systématiquement que le produit que vous envisagez d'acheter porte bien une AMM valide pour usage en gazon et que son étiquette mentionne explicitement les dicotylédones rampantes. Le registre E-Phy de l'Anses (consultable en ligne) permet de vérifier la validité d'une AMM en quelques secondes. N'achetez jamais un produit dont l'AMM est retirée : c'est illégal pour l'utilisateur, pas seulement pour le vendeur.

Comment appliquer correctement un herbicide sélectif

  • Appliquez uniquement par temps calme (vent inférieur à 3 m/s) pour éviter toute dérive vers les plates-bandes, potagers ou voisins.
  • Température idéale: entre 10 et 25 °C, sans pluie prévue dans les 24 heures suivant l'application.
  • Respectez strictement la dose indiquée sur l'étiquette: doubler la dose ne double pas l'efficacité mais augmente le risque pour le gazon lui-même.
  • N'appliquez pas en plein soleil d'été ni par temps de sécheresse (le lierre terrestre en stress hydrique absorbe moins le produit).
  • Attendez 2 à 3 semaines pour évaluer l'efficacité avant d'envisager un second passage.
  • Après l'intervention, ressemez les zones libérées dès que le sol est propre pour éviter une nouvelle colonisation.

Les limites réelles des herbicides sélectifs sur le lierre terrestre

Le lierre terrestre est reconnu comme une espèce relativement résistante aux herbicides hormonaux standards par rapport à d'autres dicotylédones du gazon. Plusieurs applications peuvent être nécessaires, et les résultats sont souvent meilleurs au printemps (plante en croissance active) qu'en été ou en automne. Même avec un herbicide, si les conditions favorables (ombre, humidité, compaction) ne sont pas corrigées, la plante revient depuis les graines ou les fragments résiduels.

Sécurité personnelle et conformité réglementaire en France

Équipements de protection individuelle

Pour l'arrachage manuel, des gants de jardinage suffisent. Pour tout traitement herbicide, l'étiquette du produit précise les EPI obligatoires. En règle générale, portez au minimum : gants résistants aux produits chimiques (nitrile ou néoprène), lunettes de protection, combinaison ou vêtements couvrants, bottes imperméables. Ne portez pas les vêtements de protection à l'intérieur et lavez-les séparément après chaque utilisation.

Réglementation française à connaître

  • Depuis le 1er janvier 2019, l'utilisation des produits phytosanitaires chimiques (dont les herbicides) par les particuliers dans les jardins résidentiels est interdite en France sauf pour les produits de biocontrôle, les produits autorisés en agriculture biologique (UAB) ou les produits dont l'étiquette porte la mention 'Emploi autorisé dans les jardins'. Vérifiez ce point avant tout achat.
  • Il est interdit d'utiliser des herbicides à moins de 5 mètres des cours d'eau, fossés, plans d'eau et zones humides (distances variables selon arrêtés préfectoraux locaux, parfois plus restrictives).
  • Le stockage et l'élimination des emballages de produits phytosanitaires sont réglementés : rapportez les emballages vides en point de collecte agréé (système Adivalor en France).
  • Le non-respect de ces règles expose à des amendes et peut engager la responsabilité civile en cas de pollution.

Faire appel à un professionnel certifié Certiphyto

Si votre infestation est très étendue, si vous habitez à proximité d'un cours d'eau ou d'une zone protégée, ou si vous n'êtes pas à l'aise avec l'utilisation des produits phytosanitaires, faites appel à une entreprise d'espaces verts dont les applicateurs sont titulaires du certificat Certiphyto. Ce certificat, obligatoire en France pour l'utilisation professionnelle de produits phytosanitaires, garantit une formation aux règles d'application, de sécurité et de respect de l'environnement. Demandez systématiquement à voir le justificatif Certiphyto avant de signer un devis.

Restaurer le gazon après avoir éliminé le lierre terrestre

L'élimination du lierre terrestre laisse souvent des zones nues ou clairsemées. Ces espaces vides sont exactement les endroits que les adventices, y compris le lierre terrestre lui-même, vont recoloniser en premier si vous ne les refermez pas rapidement. La restauration est donc une partie intégrante du traitement, pas une option. Pour savoir comment enlever les cailloux et bien préparer le sol avant de ressemer ou poser du gazon, consultez notre guide « comment enlever cailloux avant gazon ».

  1. Préparez le sol des zones nues: griffez légèrement sur 2 à 3 cm, éliminez les derniers fragments végétaux, aplanissez.
  2. Épandez du terreau ou de la terre de semis sur 1 cm d'épaisseur pour créer un lit de germination favorable.
  3. Semez à raison de 30 à 40 g/m² avec un mélange adapté à votre exposition (ombre ou plein soleil). Mélangez bien les graines à la terre avec un râteau.
  4. Tassez légèrement avec un rouleau pour mettre les graines en contact intime avec le sol.
  5. Arrosez deux fois par jour pendant les 10 à 15 premiers jours (matin et fin d'après-midi) en évitant les jets puissants qui déplacent les graines.
  6. Apportez un engrais starter (riche en phosphore) au moment du semis pour favoriser l'enracinement des nouvelles plantules.
  7. Attendez que le gazon atteigne 8 cm avant la première tonte, et ne coupez jamais à moins de 5 cm lors de cette première coupe.

Prévenir le retour du lierre terrestre : les bons réflexes à long terme

Un gazon dense et en bonne santé est votre meilleure protection contre le lierre terrestre et les autres adventices. Quelques pratiques concrètes à intégrer dans votre routine annuelle : Pour éviter que des maladies comme la rouille ne fragilisent votre gazon, consultez notre guide sur comment se débarrasser de la rouille du gazon.

  • Maintenez la hauteur de tonte entre 5 et 6 cm toute l'année. Un gazon ras est un gazon vulnérable.
  • Aérez le sol une fois par an (printemps ou automne) pour lutter contre la compaction, premier facteur de stress du gazon face aux adventices.
  • Fertilisez raisonnablement: un apport d'azote au printemps (mars-avril) et un engrais de fond à l'automne (octobre) suffisent sur la plupart des sols français sans surdoser.
  • Effectuez un sursemis annuel léger sur les zones fragiles pour maintenir une densité élevée de gazon.
  • Inspectez la pelouse toutes les deux à trois semaines au printemps (mars-mai): une touffe de lierre terrestre arrachée immédiatement ne deviendra jamais une infestation.
  • Corrigez les problèmes de drainage et d'ombre dès que possible: ce sont les deux facteurs structurels qui favorisent systématiquement le retour du lierre terrestre.

N'oubliez pas que le lierre terrestre n'est pas toujours le seul problème : d'autres adventices comme les pâquerettes ou le pourpier peuvent coloniser les mêmes zones fragilisées, et certains problèmes comme la rouille du gazon ou les dégâts de taupes peuvent affaiblir la pelouse et lui rendre la tâche encore plus difficile. Une surveillance globale de la pelouse est toujours plus efficace qu'une lutte ciblée sur une seule espèce.

FAQ

Comment reconnaître le lierre terrestre (Glechoma hederacea) dans ma pelouse ?

Le lierre terrestre est une vivace de la famille des Lamiacées avec des tiges rampantes (stolons) qui s’enracinent, des feuilles opposées, arrondies à cœur et fortement crénelées, et de petites fleurs mauve/bleu violacé surtout au printemps (mars‑mai). Il forme des tapis et se repère dans les zones humides ou ombragées. Pour différencier d’autres adventices : il n’a pas de feuilles trifoliées (pas du trèfle) ni de rosette basale comme la pâquerette.

Comment mesurer le degré d’infestation avant d’agir ?

Utilisez la méthode des quadrats (1 m²) : posez un quadrat à plusieurs endroits représentatifs, estimez le pourcentage de recouvrement par Glechoma dans chaque quadrat et calculez la moyenne. Cette mesure guide le choix entre traitement localisé (petit pourcentage) ou intervention généralisée (fort recouvrement).

Quelles méthodes mécaniques sont efficaces pour une petite surface (<25 m²) ?

Sur petites surfaces, privilégiez l’arrachage manuel : tirer délicatement pour extraire les stolons et racines, en gardant les fragments. Intervenez au printemps, quand la plante est en croissance active et le sol est meuble. Complétez par un regarnissage local (terreau de semis + graines de gazon) et tonte régulière. Répétez l’arrachage plusieurs fois si nécessaire, car des fragments peuvent repousser.

Quelles méthodes pour une grande surface (>200 m²) sans utiliser de produits chimiques ?

Pour grandes surfaces : diagnostic par quadrats, scarification mécanique (ou aération si sol compact) pour affaiblir les tapis et enlever le feutre, ratissage et evacuation des débris. Ensuite sursemer (sursemis) ou refaire une pelouse selon l’importance des zones dégarnies, apporter top‑dressing léger (terreau/terre de semis), fertiliser de façon raisonnée et mettre en place un calendrier de tontes et aérations annuelles. La location d’un scarificateur/aérateur (Kiloutou, Loxam) facilite l’opération.

Quels outils et matériaux prévoir (liste) ?

Outils : gants, bêche ou binette, fourche bêche, couteau à racines, scarificateur manuel ou motorisé (location pour grandes surfaces), aérateur (dents ou carottier), râteau, balai, rouleau à gazon (optionnel). Matériaux : sac pour déchets verts, terreau de semis/top‑dressing, graines de gazon adaptées (mélange ombre/soleil selon situation), engrais raisonné, graines couvrantes si nécessaire.

Quel est le calendrier optimal pour intervenir ?

Meilleur moment : printemps (mars‑mai) pour arrachage manuel, régénération et sursemis, ou début automne (septembre‑octobre) pour reprise de semis avant l’hiver. Scarification et aération : printemps ou automne selon l’état de la pelouse. Éviter interventions lourdes en plein été (sécheresse) ou lorsque le sol est gelé/saturé d’eau.

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